CIVIVA et des organisations alliées ont tenu une conférence de presse au sujet des adaptions de la Loi sur le service civil prévues pour restreindre le passage de l’armée au service civil.
CIVIVA, männer.ch, le Conseil suisse des activités de jeunesse (CSAJ) et l’association Konkret ainsi que deux soldats devenus civilistes ont pris part le 9 juillet à une conférence de presse commune à Berne. Il s’agissait de prendre position sur les nouvelles mesures mises en consultation par le Conseil fédéral pour restreindre l’accès au service civil pour les soldats. Aujourd’hui, les civilistes sont déjà discriminés, ce qui – selon l’avis du Conseil fédéral – devrait encore s’accentuer. Ainsi, à l’avenir, au minimum 150 jours de service civil devraient être accomplis, indépendamment du nombre de jours de service militaire restant. De cette façon, à chaque CR accompli, il deviendrait plus « cher » de passer de l’armée au service civil – et les civilistes seraient plus longtemps absents de la vie professionnelle.
La vue des établissements d’affectation
« Le CSAJ dépend des civilistes », a affirmé Andreas Tschöpe, son secrétaire général. Beaucoup d’autres établissements d’affectation sont dans la même situation. La révision prévue les met en difficulté et dévalorise le service civil. Le Conseil fédéral estime simplement « [qu’il] convient toutefois d’accepter cet inconvénient eu égard à l’intérêt public prépondérant que constitue la garantie des effectifs de l’armée ». Cependant, comme on le sait bien, la société a évolué. Il est dès lors hasardeux de vouloir donner autant de poids aux effectifs de l’armée.
Si la société a évolué, on ne peut pas en dire autant des normes de masculinité sur lesquelles l’armée se base. Aujourd’hui, beaucoup d’hommes veulent accomplir un service à la collectivité qui soit pacifique (et l’accomplir jusqu’à la fin, ce qui est rare dans l’armée). Comme l’a dit Xavier Bengoa, un des civilistes présents à la conférence : « J’ai dû me dépasser, y investir mon énergie mais aussi mon cœur, ce qui est selon moi le plus bel engagement qu’un individu puisse témoigner à l’égard de ses concitoyens. »
Ces témoignages montrent qu’au-delà des débats politiques des gens sont directement touchés par ces modifications de loi : ceux qui exécutent les affectations, bien sûr, mais également ceux qui en bénéficient. Ce message a été relayé par 26 médias différents, dans toutes les régions du pays, montrant ainsi que ce sujet suscite des réactions et une discussion. Ce travail médiatique sensibilise le public au danger que représente cette révision et est donc la première pierre d’une future campagne référendaire.
Cependant, nous pouvons déjà agir avant même un possible référendum et montrer dès aujourd’hui une opposition forte. A ce titre, il convient de rappeler que les procédures de consultation ne s’adressent pas seulement aux partis et aux grandes associations. Cet instrument démocratique s’adresse également à tout un chacun, simple citoyen, qui peut par ce biais participer activement à façonner nos lois avant même que ces dernières ne parviennent au Parlement. Il est donc essentiel d’inciter chacune et chacun de nos membres à déposer une prise de position et à montrer un refus net de voir la société être privée de cette forme d’engagement.